Immersion dans le Delta du Mékong

Le Mékong est un des plus longs fleuves du monde et passe par cinq pays avant d’arriver au sud du Vietnam, sa destination finale. Ici, il se sépare en neuf bras, les « Neuf Dragons », puis continue de se diviser en une multitude de petits canaux qui irriguent toute la région et lui vaut le statut de « Grenier du Vietnam » tant ces terres nourries par le fleuve sont fertiles et la végétation luxuriante. Tout pousse ici ! Les fruits exotiques abondent : coco, mangue, ananas, passion, banane, etc. Les rizières sont aussi très nombreuses.

Depuis Saigon, nous prenons un bus pour Ben Tre, notre première destination dans le Delta du Mékong, où nous arrivons après 13h. Un taxi puis un touk touk nous amènent à notre hôtel, perdu au milieu de nulle part, entre les multiples bras du Mékong, au beau milieu des plantations de cocotiers. Il fait très chaud et nous déjeunons tranquillement avant de partir à vélo nous perdre au milieu de la végétation, pédalant le long des canaux. Nous sommes tout seuls, et nous longeons de nombreuses habitations qui semblent plutôt riches (comparées aux conditions de vie de la population pauvre de Saigon). Cette région est en effet une  des plus riches du Vietnam, grâce à ses ressources agricoles. Les maisons sont construites en dur, et sont souvent assez grandes, avec une pièce principale ouverte sur l’extérieur dans laquelle pendent paresseusement plusieurs hamacs. Je me demande si les habitants dorment toutes les nuits dedans.

Le lendemain, après un autre tour de vélo dans le centre-ville de Ben Tre où nous goûtons à quelques spécialités locales (les fameux bonbons à la noix de coco), nous nous rendons à la gare routière dans le but de prendre un bus pour Cai Be. Au guichet, personne ne parle un mot d’anglais et nous prononçons de notre mieux notre destination afin de leur faire comprendre ce que nous voulons. Le monsieur nous donne deux billets et nous indique le bus à prendre. C’est un tout petit bus rouge, déjà rempli de sacs de fruits. On s’installe comme on peut avec nos gros sacs, en attendant le départ du bus, qui est prévu pour 12h30.

A 12h20, Mathieu a la bonne idée de vérifier la destination finale inscrite sur nos billets : ce n’est pas la bonne ! Ce bus se rend même à l’opposé de Cai Be ! Ni une ni deux, je m’empare des billets et je retourne au guichet. L’homme qui nous a vendu les billets n’est plus là et une jeune femme qui ne parle pas plus anglais que son prédécesseur me regarde d’un air désespéré pendant que j’essaye de lui expliquer qu’il y a eu une erreur. Je retourne prendre le téléphone de Mathieu pour lui montrer sur une carte l’endroit où nous voulons aller, elle comprend enfin !  Malheureusement il n’existe pas de bus direct pour Cai Be, il faut prendre un bus pour Can Tho qui nous déposera sur le chemin. Je retourne vers le minibus expliquer le problème à Mathieu. Là-dessus, la responsable du minibus rouge rempli de fruits nous prend par la main (littéralement) pour nous amener vers un autre bus qui se rend à Can Tho. Elle s’adresse à un homme et une jeune fille. Cette dernière parle anglais (Hallelujah !) et nous explique que ce bus passe par Cai Be. Parfait ! Il ne reste plus qu’à retourner pour la troisième fois au guichet changer nos billets. Une heure et une soupe de nouilles plus tard, nous sommes en route pour notre prochaine étape !

Arrivés à Cai Be, le bus nous dépose sur la route principale. Pas de taxi en vue, seulement des moto-taxis. Nous rechignons à employer ce moyen de transport mais nous n’avons pas vraiment le choix puisque l’hôtel est à 8 km ! Nos « petits » sacs sur le dos et nos gros sacs coincés entre les jambes de notre chauffeur nous montons chacun à l’arrière d’un scooter, peu rassurés. Après 10 min de trajet très peu confortable nous arrivons enfin à l’hôtel. Là, nous sommes accueillis par un très sympathique jeune vietnamien, le patron, qui parle un anglais excellent ! Il est très embêté de ne pas avoir pu nous joindre pour venir nous chercher (Mathieu s’était trompé de numéro de téléphone dans la réservation). Il nous répète plusieurs fois qu’il veut absolument tout faire pour que notre séjour au Vietnam soit exceptionnel et nous donne plein de conseils avisés sur notre itinéraire, que nous nous empressons de suivre. Nous décidons aussi de rester une nuit de plus ici pour profiter de la région et de la compagnie de notre hôte. Après cette longue discussion nous partons nous promener le long du Mékong afin d’apercevoir les fameuses maisons coloniales restaurées en hôtels-restaurants. Elles sont très belles et on peut facilement imaginer la vie douce et confortable des anciennes familles de colons vivant ici.

Le soir, pour le dîner, nous partageons la salle à manger de l’hôtel avec deux autres couples (deux français et deux espagnols) et un groupe de quatre vietnamiens dont deux sont en fait des franco-vietnamiens venus rendre visite à leur famille. Nous discutons longuement avec ces derniers qui nous racontent leur histoire : ils ont fui le Vietnam en 75, à la fin de la guerre, l’homme avait alors 13 ans et la femme 15 ans. Ils sont ensuite rencontrés en France. Ils sont très heureux de nous parler dans un Français parfait de leur pays d’origine et nous le sommes encore plus de les écouter. Notre hôte met aussi l’ambiance : le dîner est un véritable festin durant lequel il nous fait goûter à tout un tas de spécialités locales : poulet au gingembre, porc aux haricots verts, rouleaux de printemps au poisson et aux herbes inconnues, soupe de courge et de crevettes. C’est un régal ! Il termine le repas en nous faisant goûter des alcools de riz « arrangés », de son crû : le premier à la banane, le second aux champignons (d’une espèce très chère au Vietnam dont le nom se traduit par « pénis de chien » en français), et enfin, il nous fait goûter le fameux fruit puant, le durian ! Les Vietnamiens raffolent de ce fruit qui fait partie des fruits les plus chers et qu’ils ne consomment que de manière exceptionnelle et en bonne compagnie. Offrir du durian à quelqu’un est le signe que l’on apprécie beaucoup cette personne. Nous sommes flattés du cadeau mais peu convaincus par le goût plutôt écœurant de ce fruit. Le fruit du jacquier, pourtant faisant partie de la même famille, est plus doux pour nos papilles d’européens.

Bref, ce fut une excellente soirée passée en bonne compagnie.

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